
Félicitations aux membres de la Fédération Nationale du Mérite Maritime nouvellement promus :
Au grade de Commandeur
Jean-Yves BONIS (Section Seine Maritime) ;
Carlo CAPPELLETTI (Section Alpes Maritimes) ;
Pierre RAYMOND (Section Poitou Charente) ;
TEXTES :
APPEL à BONNE VOLONTE :
Lors du déroulement des travaux à l’occasion de la tenue de l’Assemblée générale 2006 de notre Association, au moment du renouvellement et/ou reconduction des membres du Bureau et C.A. , le Président a lancé un appel à l’assistance, mais également à tous les adhérents. Cet appel est aujourd’hui renouvelé dans notre rubrique, à savoir « « il faut prévoir SANS MOI la marche de votre Association ; je demande donc à être relevé de mes fonctions de Président après les avoir exercées durant 21 mandants consécutifs de 3 ans !!! « « c’est beaucoup et je pense avoir droit à une seconde retraite !. c’est en effet avec plaisir et pein engagement que j’ai entrepris et poursuivi cette forme de bénévolat ; mais le temps est plus que venu de me retirer et laisser à un à un autre le « fauteuil » de président. Je sais qu’il ne manque pas de bonnes volontés au sein de notre Association , qu’il y a des personnes à même de conduire au mieux votre Association. Comme je l’ai annoncé : certes je ne quitte pas l’Association, je collaborerai pendant un certain temps en qualité de secrétaire.
A ce jour je n’ai été contacté par personne ; je ne doute pas que cela arrivera. Encore une fois je fais appel à bonne volonté, d’avance merci.
Voici un peu plus d’un mois nous quittait notre Ami et collaborateur Raymond TURRI, emporté par une longue maladie qui a eu raison du long et courageux combat qu’il a mené durant quelques années. Raymond TURRI, que vous avez connu à l’occasion du déroulement de nos assemblées générales ou durant nos réunions du Bureau et C.A. a tenu dix années durant,avec sérieux et rigueur le poste ingrat de TRÉSORIER de l’Association, poste ingrat certes, mais combien indispensable pour gérer au mieux un budget très serré. C’est un Ami que nous perdons au sein de notre Bureau et C.A . J’ai personnellement représenté votre Association à ses funérailles, mais aussi en qualité d’Ami et collègue.
Nous renouvelons à Madame TURRI et à toute sa famille nos très vives et sincères condoléances et l’assurons de notre douloureuse sympathie et du partage de leur peine.
C.CAPPELLETTI
Toute sa famille a la tristesse de vous faire part de la disparition de “Carlo CAPPELLETTI” dans sa 96ème année, dimanche 25 septembre 2022.
Carlo sera visible le samedi 1 octobre 2022 à partir de 10h30 suivi d'une cérémonie religieuse à 11h15 à la maison funéraire de Nice Saint-Augustin (42bis Avenue Saint-Augustin 06200 Nice).
Carlo CAPPELLETTI fut officier radio de la marine marchande, président et secrétaire de l'association des pensionnés de la marine marchande et pêche des Alpes-Maritimes et du Var ainsi que Commandeur du Mérite maritime.
Carlo, l’aventurier au grand cœur
Pour ceux qui le connaissent, lorsqu’on pense à Carlo on a toujours en tête son inébranlable volonté.
Tout commence par sa célèbre évasion dans le Massif Central si cher à son cœur…
L’Italie d’avant-guerre affronte de graves difficultés économiques, et Ambrogio Cappelletti , le père de Carlo, est contraint de s’exiler pour exercer son métier de maçon. Un de ses points de chute sera Saint-Cernin dans le Cantal, désormais théâtre de la jeunesse de Carlo.
C’est sans doute ici, dans la chaîne des Puys, que nait son amour des montagnes.
Dès son plus jeune âge, avec un groupe d’amis, il arpente les flancs abrupts des volcans, et lorsqu’ il leur arrive de se laisser surprendre par la nuit, ils se réfugient dans un buron jusqu’au petit matin, mettant à rude épreuve les nerfs de leurs parents.
Mais, au temps de l’innocence succède la dure réalité de la guerre et Carlo est réquisitionné pour intégrer les camps de travail en Allemagne. Pour ses parents, c’est une tragédie, pour Carlo c’est inenvisageable.
Il élabore donc un scénario très audacieux qui lui permet, en trompant la vigilance des miliciens qui surveillent la prison dans laquelle il est enfermé, d’échapper à son sort. Le créneau est extrêmement limité avant que les miliciens ne s’aperçoivent de sa fuite. Carlo se projette littéralement par-dessus le mur d’enceinte du bâtiment, pour gagner le côté opposé de l’allée où les miliciens opèrent leur ronde. Ambrogio a placé une bicyclette dans un endroit stratégique convenu à l’avance, et Carlo gagne rapidement la « Ferme des Dufayet », à Lagardette, un hameau isolé à proximité de Saint-Cernin.
Il s’y cache pendant plusieurs mois grâce à la complicité des courageux paysans pourtant exposés à des représailles. Ces quelques mois passés en osmose avec la nature et les animaux de la ferme lui laisseront un souvenir indélébile.
Cette aventure périlleuse préfigure les nombreuses péripéties qui vont émailler sa carrière de marin, car diplôme en poche obtenu après des études à Paris, il doit choisir entre deux univers, l’aviation ou la marine. Alors que rien ne le destinait à cet élément, lui qui était si profondément ancré dans son territoire, était-ce l’appel de l’aventure ou du voyage, Il devient finalement officier Radiotélégraphiste dans la marine marchande. Sa carrière débute avec les cargos liberty ships des messageries maritimes et s’achèvera sur les plus gros pétroliers jamais construits.
De continent en continent, Carlo est toujours volontaire pour découvrir un pays à l’occasion de ses escales. Sa prédisposition à la communication lui permet des rencontres exceptionnelles. Son audace lui ouvre les portes d’univers quasi inexplorés ; il grimpe au sommet de l’Etna, il découvre un Japon encore traditionnel qui le fascine, une Inde ancestrale, les chaleurs torrides du Golfe Persique, l’exceptionnelle baie de Rio au Brésil, etc. l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Asie, les États-Unis, l’Australie, peu de continents lui demeurent inconnus.
Au cœur de cette vie trépidante, il fonde une famille avec Maria et Joseph et posera ses valises à Nice pour prendre une retraite bien loin d’être paisible.
Car, si le courage et la volonté illustrent parfaitement son caractère, son altruisme n’est pas en reste et il consacre plus de trente ans de sa vie à « l’Association des pensionnés de la marine marchande et pêche des Alpes-Maritimes et du Var ». Grâce à son opiniâtreté et à celle d’autres membres de l’association, de solides acquis sociaux seront obtenus. La médaille de Commandeur du Mérite maritime vient couronner une carrière et un dévouement sans faille pour le monde de la marine.
En dehors des congrès et réunions, il se partage entre ses parents de retour dans leur village natal près du lac de Côme et ses activités en montagne.
Car, après avoir embrassé l’horizon de tous les océans, il voue un culte sans réserve aux sommets enneigés. Le ski et l’alpinisme qu’il pratique régulièrement avec son fils Joseph occupent une grande partie de ses loisirs. Son fameux génépi, récolté sur les pentes escarpées d’un de ses sommets favoris des Alpes-Maritimes, fait le bonheur de ses amis.
Au-delà des sommets du Mercantour dont il a sillonné la plupart des itinéraires et gravi la majorité des sommets, il aspire à s’élever vers les neiges éternelles. Le Mont Rose, le Grand Paradis, le Brec de Chambeyron, le Mont Viso, le Dôme des Écrins, comptent parmi ses tableaux de chasse, et il obtient son trophée, à l’âge de 70 ans en atteignant en compagnie de Joseph, le toit de l’Europe, Le Mont-Blanc.
Ces dernières années se déroulent de manière à peine plus tranquille, car il est toujours actif et ses sorties à l’opéra en compagnie de son épouse, les réunions pour l’association, les croisières pour garder son lien avec la mer et le voyage, et ses randonnées en montagne occupent pleinement son temps.
Avec une telle énergie, les années semblent glisser sur lui, et son acuité intellectuelle, sa mémoire prodigieuse, son physique exceptionnel sont loin de refléter son âge réel.
Une amie médecin avait coutume de dire de lui : « Carlo, c’est un roc ! »
Le roc s’est fissuré, il a rejoint les pierriers du Mercantour…